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Orientation des mobilités, quelques idées dévoilées


Si les péages urbains voient le jour, il y aura moins de voitures dans les villes. Crédit photo : collection Chauveau
Si les péages urbains voient le jour, il y aura moins de voitures dans les villes. Crédit photo : collection Chauveau



François de Rugy a dévoilé à la mi-octobre quelques-unes des mesures du projet de loi d'orientation des mobilités.

Il n’aura pas fallu longtemps à François de Rugy pour faire ses premières annonces. Le récent nommé à la transition écologique dans notre pays, en remplacement de Nicolas Hulot, a dévoilé à la mi-octobre quelques-unes des mesures du projet de loi d'orientation des mobilités. Certaines pourraient faire grincer des dents. D’autres pourraient ravir la cause de la mobilité propre.

Manne financière



Les municipalités et l’Etat y verraient bien une manne financière, les automobilistes une nouvelle raison de les faire passer à la caisse. L’idée des péages urbains est de retour. Ils ne sont pas une nouveauté. Les premiers datent des années 1980, à travers le monde.

Malgré leurs presque quarante ans d’existence, les péages urbains n’ont jamais prouvé leur efficacité en matière de protection de l’environnement. Leur coût fait de toute évidence baisser la circulation dans les villes, mais ils n’apportent rien à la baisse de la pollution automobile. S’ils étaient mis en place en France, leurs détracteurs y verraient qu’une taxe supplémentaire.

Limiter les émissions



Mieux perçu, l’abandon des barrières de péage sur les autoroutes au profit de capteurs qui détecteraient un badge, une vignette ou la plaque d’immatriculation, trouve ses raisons au sein de l’opinion publique. Il pourrait faire gagner en fluidité. Et peut-être limiter les émissions de polluants. On connaît tous ces files interminables de voitures à l’arrêt aux péages en période de grands départs. Rouler à allure constante serait sans nul doute meilleur pour la planète. Reste à savoir si les autoroutiers joueraient le jeu de l’écologie, ou s’ils en profiteraient pour augmenter leurs prix.

Le covoiturage serait dans l’œil de l’Etat. C’est étonnant qu’il n’ait pas pensé à le taxer jusque-là. A l’heure où, d’un côté, on incite les automobilistes à partager leur véhicule, de l’autre, on voudrait leur faire le fond des poches. Il s’est un temps murmuré l’idée que les conducteurs déclarent au fisc leurs voyages en covoiturage. Il serait maintenant question qu’ils ajustent leur prix en fonction du nombre de personnes transportées. Les covoiturés pourraient s’y retrouver. Plus ils seraient nombreux à voyager sur un même trajet, moins ils paieraient chers. Les covoitureurs pourraient eux y voir une entrave à leur liberté de covoiturer. Pas sûr qu’avec une telle mesure le voyage partagé soit encouragé.

Nouvelle taxe



Une nouvelle taxe, encore une, pourrait alourdir la dépense de ceux qui achètent une voiture. Ce serait aux propriétaires de payer les pots casser du Dieselgate, vous savez cette honnêteté de certains constructeurs qui ont triché sur les émissions de leurs moteurs. Eh bien, l’Europe a tapé du poing sur la table, et demandé à ses Etats de renforcer les contrôles. Plutôt que de faire payer les tricheurs, les Etats, en tous les cas la France, pourrait faire payer la note à ses contribuables.

C’est peut-être la proposition la moins douloureuse du projet. Les entreprises pourraient, selon leur bon vouloir, verser une indemnité transport à leurs employés, d’un montant maximum de quatre cents euros par an net d’impôts. On pourrait qualifier la proposition de dérisoire, surtout qu’elle pourrait être strictement encadrée. Mais à l’époque des taxes, tout est bon à prendre. Même quelques euros seulement.

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