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Quand l’accessibilité traîne les pieds


A Nantes, l’accès au tramway est globalement accessible aux PMR. Crédit photo : collection Chauveau
A Nantes, l’accès au tramway est globalement accessible aux PMR. Crédit photo : collection Chauveau



C’est une réalité, la loi n’est pas partout respectée. L’accès aux transports en commun est loin d’être partout une priorité.

Tous les établissements recevant du public devaient être aux normes d’accessibilité en septembre 2018. Au moins les petits commerces et les cabinets médicaux. C’était ce que prévoyait une loi votée en 2015. Force est de regretter que ce n’est pas le cas, loin de là. Ne parlons pas des transports en commun, auxquels il est dans certaines villes impossible d’accéder quand on est en situation de handicap. A croire que les personnes à mobilité réduite n’ont pas le droit, elle aussi, de contribuer à la protection de la planète en empruntant les transports en commun.

C’est pour manifester leur ras-le-bol de voir la France au point mort sur le sujet, particulièrement la Régie autonome des transports parisiens (RATP), qu’une poignée de personnes en fauteuil roulant a manifesté dans les stations du métro, le 26 septembre dernier. Elles ont dénoncé sa presque totale inaccessibilité aux personnes handicapées. Une ligne seulement, la 14, permet à qui est non voyant ou en fauteuil roulant de voyager sans trop de difficulté. Ce qui représente neuf stations, soit 3 % du réseau. Autant dire pas grand-chose. On pourrait qualifier cette relative performance de risible, au regard de ce qui se fait dans les autres grandes villes en europe et ailleurs, à l’instar de Barcelonne et de Tokyo, qui affichent des taux d’accessibilité de plus de 80 % de leur métro aux personnes à mobilité réduite.

100 %



Avec les Jeux Olympiques, qui se tiendront à Paris en 2024, les associations de handicapés, telles que l’Association des paralysés de France (APF), veulent sensibiliser les pouvoirs publics à la mise en place de plans d’accessibilité dans les villes. Il y a du travail. Une étude, réalisée par l’APF en Pays-de-la-Loire, pointe que sur plus de quatre cents établissements qui se disent totalement accessibles aux personnes à mobilité réduite, presque 15 % ne le sont pas et 75 % le sont difficilement.

Même légèreté du côté de la RATP, qui pour sa défense avance que, selon la loi, le bus est le moyen de transport de substitution pour les handicapés. Et qu’à ce titre, son réseau est accessible à 100 %. Elle reconnaît qu’aucun plan de mise en accessibilité du métro est prévu. Imaginez le tollé, si la loi imposait aux personnes valides leur moyen de déplacement.

Bons élèves



Heureusement, il y a de bons élèves. Grenoble et Nantes, que nous avons déjà cités dans cette chronique, ou encore Lyon, sont des métropoles qui permettent à tous de voyager en respectant l’environnement. Dans ces agglomérations, les collectifs de personnes handicapées avouent des couacs ici et là, mais ils reconnaissent les efforts qui sont faits pour leur faciliter les déplacements urbains. L’égalité des chances, notamment de ne pas polluer, ne semble pas être partout dans notre pays sur le bon rail.

Cette chronique est diffusée tous les jeudis matin à 08H50 par Naturoprod et Ecolodio. Si vous aussi vous souhaitez diffuser cette chronique, inscrivez votre radio ici. Pour toute question : contactez-moi.





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